This thesis is based on the popular claims taken over by the QLF, the process of legitimating the Canadian government and the origin of the Crisis in order to make the analysis. Jugé préjudiciable par plusieurs, elle sera en vigueur jusqu’au 30 avril 1971 avant d’être remplacée par une loi fixant l’arrestation arbitraire sans mandat à trois jours, pouvant être allongés à sept jours avec l’appui du coroner. Les suspects sont rudoyés et menacés, on menace également les proches et on laisse derrière eux famille et enfants sans plus de détails sur leur situation. Dans son article, il n’émet pas une mise garde face aux changements qu’apporte la Révolution, mais bien sur le risque de ne pas aller jusqu’au bout de cette Révolution. Au lendemain de « l’exécution » de Laporte par la cellule Chénier, la cellule Libération s’empresse de rédiger un communiqué pour assurer qu’aucun mal ne sera fait à Cross[101]. Violences politiques, Europe et Amérique, 1960-1979. Trudeau et ses mesures de guerre, vus du Canada anglais. La veille, il avait été lu à CKAC par le journaliste Louis Fournier. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les jeunes réunis dans ce comité mettront en œuvre des moyens pour stimuler l’appui à l’indépendance[40]. Des membres armés de la cellule Libératio… Premièrement, faire savoir que la démocratie est menacée. En 1958, Michel Brault tourne son film Les Raquetteurs. Paris, La Découverte, 2003, 152 pages, Warren, Jean Philippe. Le même jour, le gouvernement du Québec et celui du Canada offre une prime de 150 000 dollars pour toutes informations pouvant amener à la libération de Cross. C’est exactement ce que cherche à faire Brault en tournant Les Ordres. »[68] À travers ces revendications contre le système, c’est le système lui-même qui se met en marche pour étouffer les sources de ces revendications. Paris, Collection Pocket Agora, 2003, p.96-100. Le régime socialiste permettrait également d’éviter de refaire les mêmes erreurs et de générer les mêmes inégalités que dans le modèle capitaliste. Il soutient donc ainsi que le Canada est un État répressif et que la répression se fait plus forte dès le moment où la masse oppressée prend conscience de sa position, prise de conscience dont le FLQ est l’instigateur. Outremont, Carte Blanche, 2010, 139 pages et Tetley, William. Toutes les régions du Québec seront affectées par la loi sur les mesures de guerre décrétées par Pierre-Elliot Trudeau, mais les principales actions se dérouleront autour de Montréal. This study will essentially be about the legitimacy of the Trudeau government and the real goals behind the enforcement of the War measures. La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) joint sa voix à l’organisme Justice pour les prisonniers d’Octobre 70 pour réclamer réparation pour les femmes et les hommes illégalement arrêtés et … Lors de la Crise, la revendication du FLQ d’un État socialiste pour le Québec confirme cette idée. Somme toute, Dumont soutient que le passage de l’ancien régime, mort avec Duplessis, au nouveau régime, naissant avec le gouvernement de Jean Lesage, aura été mal conduit. Quand ils voient un dérapage majeur, immédiatement, ils ont tendance à sévir. Le court-métrage sera le coup d’envoi avant l’heure du cinéma dit « cinéma vérité » qui deviendra plus tard le cinéma direct ou documentaire. Octobre 1970, dans les coulisses de la Crise. Suite à l’analyse de ces quatre perspectives, il est possible d’en tirer quelques conclusions. veuillez revoir vos paramètres avant de poursuivre votre visite.Gérer vos témoins de navigationEn savoir plus. L’avènement de l’État-nation doit être le seul but de la Révolution, sans quoi moderniser le Québec ne nous rendra pas plus « maître chez nous ». Les Ordres est donc un film de son temps au sens où il s’inscrit dans le contexte sociopolitique de l’époque et relate un évènement de grande importance dans l’histoire du peuple québécois. Les Ordres a été produit avec un budget approximatif de 260 000$. Les Ordres est un film réalisé par l’un des pionniers du cinéma direct. Tel qu’indiquer, le corps du ministre est découvert dans le coffre d’un Chevrolet vert près de l’aéroport de Saint-Hubert. À partir de ce moment, les détenus ont pour la première fois accès à un avocat. Les 27 et 28 décembre, les membres restants de la cellule Chénier sont retrouvés, soit Paul et Jacques Rose ainsi que Francis Simard. Paris, First-Gründ, 2012, 394 pages, Bélanger, Yves, Robert Comeau, et Céline, Métivier. Cependant, la technique employée, c’est-à-dire l’utilisation de matériel expérimental comme la caméra mobile et la prise de son directe, amène une révolution dans le monde du cinéma. Op. Ensuite, les évènements ont obligés le gouvernement Trudeau à mettre en branle une vaste opération de légitimation de l’État dans le but d’établir une justification de l’application de la Loi des mesures de guerre. L’Histoire du Québec pour les nuls. Les opérations militaires de l’armée et la crise d’Octobre. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. 1, n◦ 1975, p. 140, [54] Prédal, René, « BRAULT MICHEL (1928-2013) », dans Encyclopædia Universalis, http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/michel-brault/ (consulté le 1 avril 2015), [55] Marsolais, Gilles. Finalement, les médias auront largement contribués à excités les camps durant la Crise, y allant de supposition, de prise de position ou encore d’anticipation face aux évènements à venir[46]. Loi sur les mesures de guerre : La vérité aura mis 50 ans pour éclater. Le 2 janvier 1971, Jean-Paul Sartre donnait un entrevue à Jean-Pierre Compain, ce dernier ayant comme mission de la part du MDPPQ (Mouvement de défense des prisonniers politiques québécois) de recueillir les impressions de Sartre sur le FLQ, les mesures de guerre et l’usage de la violence[82]. On retient que cette répression ne s’est justement pas arrêtée avec la Crise, mais a persistée dans les années qui suivirent 1970. Cet essai permettra donc d’établir un lien entre la perception de la Crise à l’époque et celle que nous en avons aujourd’hui, toujours en fournissant des visions différentes d’une période de trouble vécue par plusieurs acteurs. Le 11 octobre, alors que le cabinet Bourassa dans son ensemble assiste à une réunion portant sur la crise, Julien Chouinard, secrétaire général du cabinet québécois, s’entretient avec Gordon Robertson, greffier du Conseil privé d’Ottawa, afin de lui communiquer la difficulté pour les autorités du Québec de garder prisonnier les présumés felquistes arrêtés depuis le 5 octobre. Le désir de vaincre la doctrine coloniale est au cœur même de ces revendications. De cette façon, les autorités s’assurent de briser la force du mouvement en question. Ce balancement entre les faits et la fiction est à la source d’une des particularités du film : la narration. L’automne 1970 est également marqué par toutes sortes de conflits de second ordre comme la grève des médecins, les élections municipales de Montréal et les négociations dans l’industrie de la construction. Trudeau, dans « son personnage de célibataire séduisant et non conformiste »[86], possède un charisme qui lui vaut le soutien d’un grand nombre de Canadiens. La vigile du Québec, Octobre 1970 : L’impasse ? Dans cette vision, l’application de la violence par la Loi des mesures de guerre est tout à fait légitime en vertu de la demande des autorités provinciales de faire appel à un pouvoir supérieur à eux. Montréal, Lux Éditeur, 2013, 328 pages, Castonguay, Jacques. « Repousser les faux maitres… », 24 images, n◦ 81, 1996, p. 17-19, Marsolais, Gilles. C’est contre cette inégalité que s’élèvent les groupes révolutionnaires et les partis indépendantistes du Québec à l’époque, en particulier le FLQ. Musée McCord, http://www.mccord-museum.qc.ca/scripts/explore.php?Lang=2&tableid=11&elementid=105__true&contentlong (consulté le 8 septembre 2014), [16] Ageron, Charles-Robert. Nous verrons cette instrumentalisation de la Crise plus en détail dans les perspectives qui suivent. Il va de soi que leurs réflexions viendront justifier les moyens employés par le FLQ de même que ses revendications face à la classe ouvrière et à l’indépendance du Québec. Mais à l’automne 1968, à la suite d’une fusion avec le RN[12], le MSA devient le Parti Québécois(PQ)[13]. Il sera ensuite critique et photographe avant de devenir réalisateur à l’Office Nationale du Film(ONF) en 1956, au moment où le siège de l’organisme passe d’Ottawa à Montréal. Photo : La Presse canadienne / THE CANADIAN PRESS/Staff. C'était un travail de policiers mal fait, à mon avis. D’abord, il est possible de se demander pourquoi le Québec connait une Crise ? Les prisonniers politiques au Québec. Il justifie cette thèse en disant que les crises sont toujours instigatrices de remises en question sur leurs origines. C’est donc le système de santé pratiquement en entier qui se retrouve paralysé. »[78] Il faut garder en tête que le mouvement nationaliste est d’abord issu du mouvement ouvrier. Loc. cit., p. 444-446, [66] Bouthillier, Guy et Édouard Cloutier. cit., p. 36-48, [47] Dumont, Fernand. Ce dernier point reflète une large part des revendications soulevées lors de la Crise : redonner le Québec aux Québécois afin qu’ils puissent prospérer et épanouir la culture francophone. Parmi toutes ces questions, quelques-unes retiendrons davantage notre attention pour l’analyse. « Le RIN : à chacun sa vérité », Ciné-Bulles, vol. C’est pourquoi la répression du mouvement contestataire vient dès lors expliquer l’usage des mesures de guerre dans un contexte de paix où l’intervention militaire n’est pas nécessaire. D’un autre côté, sur la scène politique, le Rassemblement pour l’Indépendance Nationale(RIN) vient de faire son entrée en scène, avec André D’Allemagne[41]. En soirée, le gouvernement lance un ultimatum de six heures aux felquistes, maintenant son offre, mais ajoutant qu’elle est définitive. Paris, First-Gründ, 2012, p. 268, [11] Hamelin, Jean et Jean Provencher. Dans un désir d’aider la classe ouvrière et de prendre conscience de ce que vaut le peuple québécois, il fallait agir pour faire du Québec un pays. Suffit de penser à la menace de démission de Lévesque, en 1971, devant la réticence des membres du parti à adopter une résolution reconnaissant les droits linguistiques de la minorité anglophone ou encore le refus majoritaire de son cabinet, en 1984, de faire adopter un projet de loi instaurant un mode de scrutin proportionnel pour les régions[29]. Crise d'octobre: Québec doit aussi ... la Loi sur les mesures de guerre était imposée au Québec par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau à la demande du gouvernement de … Le jour même, la cellule Libération envoie un communiqué à la station CKAC à Montréal afin de faire valoir ses exigences : 1) la publication du manifeste du FLQ; 2) la libération de vingt-trois prisonniers politiques; 3) la disponibilité d’un avion à destination de Cuba ou l’Algérie; 4) la réembauche des travailleurs de Lapalme; 5) 500 000 dollars en lingots d’or; 6) le nom du felquiste ayant dénoncé à la police une cellule du FLQ; 7) l’arrêt des tentatives de retrouver les kidnappeurs de Cross. Paris, Stanké, 1982, 221 pages, [52] Lacoursière, Jacques. Après coup, l’évènement est analysé sous toutes les loupes. Il y a donc là, selon Sartre, l’idée même que le Québec possède une position d’altérité face au Canada et représente pour lui une menace, une nuisance, dont l’usage de la force envers lui ne semble pas répréhensive étant donné qu’il appartient à l’ennemi. À la veille de la Crise d’Octobre, c’est un Québec encore en mouvement qui voit Robert Bourassa devenir son chef d’État. Dans les heures, voir le jour, qui suivent, tout un chacun allant du maire Jean Drapeau à l’éditorialiste Claude Ryan se positionne sur l’attitude à adopter face à l’enlèvement. Vous avez des questions sur notre travail? Ensuite, c’est au tour du Parti Québécois d’offrir à la population une position ambiguë envers le FLQ, reconnaissant son objectif, mais pas ses actions, créant ainsi un climat profondément instable face à l’attitude à adopter envers la Crise. D’abord, les enlèvements d’une personnalité britannique et d’une personnalité québécoise impliquent dans la Crise le gouvernement fédéral ainsi que provincial[81]. Les accusations d’« enlèvement du peuple » fusent de toutes parts tandis que le gouvernement doit gérer la pression populaire, la grève des médecins et la Crise. Bon nombre joindront également le CLN avant de passer dans le Réseau de Résistance(RR)[42]. Les scènes ont été tournées en grande partie à Montréal, Sorel et Saint-Antoine sur Richelieu. Montréal, Presses socialistes internationales, 1979, p. 228, [33] Dubuc, Pierre. », Cap-aux-Diamants : La revue d’histoire du Québec, n◦ 41 (Printemps 1995), p. 58-60, Lavoie, André. Les jeux guerriers des enfants de la ruelle font écho aux activités des adultes. Le coup d’envoi de la révolution résonne le 22 juin 1960 alors que le Parti Libéral accède au pouvoir avec à sa tête Jean Lesage[4]. Le lendemain, 6 novembre, Bernard Lortie, membre de la cellule Chénier, est arrêté dans un appartement près de l’université de Montréal. Une lettre identique avait été signée par le maire de Montréal, Jean Drapeau. « Un évènement politique et sa représentation cinématographique », Voix et Images, vol. L’opération cherche à nuire au mouvement de solidarité civil en frappant les organismes le chapeautant. La Crise aurait pu se dérouler de cinquante façons différentes, mais il aura fallu qu’il y ait deux otages, un mort et l’occupation partielle du Québec par l’armée canadienne. Le Réseau sera fondé en 1962 par d’anciens rinistes, soucieux d’offrir aux indépendantistes des moyens plus radicaux pour que le Québec devienne indépendant. Ces quatre perspectives fourniront le contenu nécessaire à une analyse complète et profonde de la Loi sur les mesures de guerre lors d’Octobre 1970. Le silence de la nuit est brisé par le tapage des gendarmes qui cognent simultanément aux portes avant et arrière. Dans le but d’établir une position et un argumentaire solide, nous analyserons les facettes majeures de la Crise en dressant un portrait des causes de la Crise, des objectifs revendiqués par chacun des acteurs et du développement de la Crise. C’est une question dont l’intérêt serait bénéfique pour le débat. Le 13 octobre, le Premier ministre Trudeau affirme publiquement que « la société doit user de tous les outils à sa disposition pour se défendre contre l’émergence d’un pouvoir parallèle qui défie le pouvoir élu dans ce pays ». Castonguay quant à lui justifie la Loi sur les mesures de guerre en arguant lui aussi un assaut contre la démocratie. La rédaction de manifestes croit aussi rapidement que les assauts contre les casernes militaires canadiennes. Tetley ne parle pas de révolutionnaire, mais bien de terroristes[51]. C’est-à-dire que le contexte historique est véritable, mais Brault s’inspire d’une cinquantaine de témoignages de personnes emprisonnées sous la Loi des mesures de guerre pour recréer cinq personnages qui revivront les plus intenses parties de ces témoignages[58]. Le film représente l’attitude d’un peuple face à l’arbitraire d’un état qui juge non nécessaire la préservation des droits et des libertés au moment où il prétend lui-même que la démocratie est en péril. La troisième fournira la pertinence du sujet en montrant sa personnification artistique après l’évènement. C’est donc l’idéologie de la peur, celle de la destruction de l’état et du « maintien de la paix » qui domine cette interprétation que l’on retrouve essentiellement chez les fédéralistes. »[33] La Révolution tranquille fût donc l’élément déclencheur d’une prise en considération des Québécois de leur propre valeur. Montréal, Boréal, 1997, p. 116, [13] Bélanger, Yves, Robert Comeau, et Céline, Métivier. Il considère ainsi qu'il y a des leçons à tirer de l'histoire. Malgré le passage, initié par le MSA, de l’indépendance vers la souveraineté[30], il ne faut pas oublier que le PQ reste l’un des seuls partis politiques d’orientation indépendantiste d’importance encore présent aujourd’hui. L’appartement est fouillé. Ainsi, toute contestation de la « société libre et civilisée », selon Bourassa, est une forme de violence cherchant à détruire l’ordre. L’élément central du film de Brault étant l’application de la Loi des mesures de guerre et les conditions d’emprisonnement des citoyens arrêtés de façon arbitraire, sur un fond de répression politique, le film s’avère donc brillamment pertinent dans la période « post-octobre ». Deuxièmement, le Canada, à titre d’état colonial, est à sa source même porteur du système oppressif[84]. Le gouvernement doit donc faire face à une menace, combattue par les États-Unis depuis le début de la décennie, dont les racines proviennent de l’extérieur. Cette répression entrainera un désengagement pratiquement complet envers la cause des prisonniers politiques tout en suscitant un climat infertile à la contestation et à la revendication. Following the study of the historical context, therefore the Quiet Revolution, of the artistic body, the movie «Les Ordres» by Michel Brault, and the reflexions made by the witnesses of the time and the researchers of today, we will come to the conclusion that the Trudeau government used political violence in order to break the protest movements that had become stronger and stronger in Quebec since 1960. Des soldats de l’armée canadienne patrouillent à Québec, le 16 octobre. « Octobre 1970 : 20 ans : entretien avec Jean-Paul Sartre », Moebius : écriture / littérature, n◦ 46, 1990, p. 7-18, [86] Massicotte, Louise. Lacoursière y va même de quelques exemples quant au maintien du climat de tension psychologique que l’on impose aux québécois durant la Crise dans son article Octobre 70 : l’occasion rêvée![52]. Le 10 octobre, le ministre de la Justice Jérôme Choquette prépare une proposition pour la cellule Chénier. La coupure avec le Canada est alors moins drastique, mais on reproche justement une grande ambiguïté au PQ sur sa position officielle quant à l’indépendance totale du Québec. S’inspirant justement des divers mouvements révolutionnaires internationaux, dont un grand nombre est anticolonialiste, militants à la même époque, le FLQ choisi d’utiliser la violence politique sous la forme du terrorisme. Bien entendu, les attentats à la bombe et la destruction de certains monuments commémoratifs seront répertoriés par les médias, mais les enlèvements d’octobre 1970 amèneront à un tout autre niveau la considération des médias pour le FLQ. Nous tenterons à l’aide de cet essai de démontrer que le gouvernement Trudeau à fait usage de la violence politique envers la population québécoise de façon très opportuniste en adoptant le Règlement sur la Loi des mesures de guerre lors de la Crise d’octobre 1970 dans un objectif précis. Il s’agit donc ici de retenir que la Crise d’octobre est le résultat logique d’une Révolution tranquille trop rapide, trop grande, drastique et inachevée. Le 19 octobre, le ministre Choquette reçoit le rapport du coroner sur la mort de Laporte : la mort est survenue par strangulation. La vigile du Québec, Octobre 1970 : L’impasse ? ), la police laisse échapper un communiqué dans lequel on « déclare que, si on ne libère pas certains prisonniers politiques, le sang va couler dans les rues de Montréal. En résumé, l’État possède le monopole de la violence. C’est avec cette attitude de chef charismatique et fort, mais également ferme, qu’il entre dans la Crise qui secoue le Québec en 1970. Ensuite, il y a la version des felquistes. Les mouvements de contestation du Québec ont-ils réellement connus une régression ou une disparition suite à l’application de la Loi sur les mesures de guerre ? C’est ce même nationalisme qui va soutenir la Révolution tranquille tout au long de son développement, allant même jusqu’à en être son origine et son moteur. Le film représente un produit innovateur du fait du mélange entre le documentaire et la fiction[55]. À cela s’ajoute le modèle économique capitaliste qui favorise la relation d’exploitation entre les individus, comme il est possible de le voir dans la relation entre les ouvriers francophones et les cadres anglophones. L’arrestation et la détention d’un si grand nombre de gens, dans des conditions inacceptables, ne fait que démontrer toute la violence dont est responsable l’État. Quand éclate la crise d’octobre 70, la réalité dépasse tout à coup la fiction. L’État peut-il faire usage de la violence ? Liens externes. Trudeau, le Québécois. Crise d’octobre : la Chambre des Communes rejette la motion du Bloc sur les excuses officielles. »[97]. Cette scène représente donc la critique même de Brault avec son film envers l’usage de la force et de la violence répressive de la part de l’État. Des citoyens et des organismes se souviennent de l'imposition de la Loi sur les mesures de guerre, il y a 40 ans jour pour jour. La compréhension d’un évènement comme celui-ci nécessite d’envisager plusieurs angles d’analyse. Il est permis de croire que le film de Brault est une réponse directe à cette manœuvre gouvernementale visant à susciter l’effroi dans la population. Ce but en question vient compléter notre thèse. Les dernières décennies auront démontrés l’évidence : l’action démocratique ne fonctionne pas face à la machine oppressive que représentent le Canada et le monde anglophone. Il sera alors possible d’analyser ces évènements sous l’angle de l’État plutôt qu’uniquement sous l’angle du Front de Libération du Québec. D’abord au Québec, la Révolution amène avec elle l’épanouissement de la considération nationale de la population québécoise. L’objectif des mesures de guerre dépasse donc largement le seul cadre de la lutte au terrorisme et représente bel et bien une manœuvre politique de grande envergure visant à briser la dissidence politique du Québec[105]. Ce pouls, décrit par Miron, bat toujours dans le Québec d’aujourd’hui et, l’espère-t-on, pour longtemps encore. Dans un état propre à elle, la société québécoise cesserait de se comparer à la société canadienne issue de la culture anglo-saxonne. Laval, Beauchemin, 1998, 314 pages, Bouthillier, Guy et Édouard Cloutier. Montréal, VLB Éditeur, 2000, 316 pages, Bourdon, Yves et Jean Lamarre. Le Québec ayant connu des changements drastiques durant les années soixante, la Crise est en fait le résultat d’« une société qui a changé très vite, et qui n’a pas digéré à mesure ses transformations rapides »[47]. »[72] On retrouve chez Dumont une critique virulente de la coupure entre l’ancien et le nouveau régime. Il s’avère que cette tactique est pour lui ridicule, car elle n’illustre pas grand-chose autre que le désir des fédéralistes d’amplifier le climat de terreur. C’est à son retour qu’il signera son plus grand film de cinéma direct : Pour la suite du monde(1963). NDLR : nous reproduisons ici, avec autorisation, le Projet de fin d’études (PFÉ) de Pierre-Luc Baril, étudiant maintenant fraîchement diplômé de notre programme en Histoire et civilisation. La fatigue culturelle décrite par Aquin se résume par ce court extrait : « Qu’adviendra-t-il finalement du Canada français? La Crise d’octobre représente un tournant majeur dans l’histoire du Québec. Il craignait « qu'il soit incapable de contrôler la situation » et craignait des émeutes et « une véritable insurrection ». L’appartenance et/ou la liaison au FLQ est un acte criminel pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Cette vague d’arrestation met fin à la première génération du FLQ. C’est pourquoi « la violence politique apparait inéluctable pour accélérer la marche vers l’indépendance du Québec »[77] et offrir une meilleure existence au peuple québécois enfin libérer de son esclavage. Op Cit., p. 136, [28] Laporte, Gilles, Luc Lefebvre, et David Milot. L’influence du documentaire se ressent du point de vie du scénario : Le récit est calqué sur des évènements historiques. Afin d’étoffer notre propos et d’offrir un autre aperçu de l’évènement, nous utiliserons entre autres les travaux d’intellectuels d’aujourd’hui tel Jean-Philippe Warren, Bernard Dagenais, Jacques Castonguay, Guy Bouthilier, Jacques Lacoursière. La Crise d’octobre fût donc un prétexte pour le gouvernement Trudeau de faire usage de la violence politique envers les Québécois. Op. Toutefois, ils ont souligné que la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre par le gouvernement fédéral de Pierre Eliott Trudeau était indigne d'une démocratie. Dans un second temps, nous ferons appel à Francis Simard et à Jean-Paul Sartre pour expliquer la position et l’objectif mené par le Front de Libération du Québec. D’un point de vue artistique, les années 60 jusqu’à la fin 70 sont marquées par le développement du cinéma documentaire. Près de 500 personnes étaient arrêtées parce qu'elles étaient considérées comme suspectes par la police. Avec la création du Parti Québécois, la montée du separatism semble être une porte ouverte aux « éléments subversifs » comme l’idéologie socialiste. Le Savant et le Politique. Deuxièmement, déclarer la crise imprévisible de la sorte à créer un « jour 1 », occultant de cette façon toutes les causes antérieures du conflit. Notre conclusion proviendra de l’analyse et de la comparaison de ces quatre perspectives. Le 15 octobre 1970, un état d’« insurrection présumée » est déclaré officiellement au Québec. D’un point de vue politique, les années qui suivirent la Crise et qui entourèrent la création du film Les Ordres en fût une où la répression élevée contribua à accentuer un climat de peur. Bien que ce soit pour cette raison que l’on nomme ainsi la décennie 1960 au Québec, dix ans semblent trop courts pour établir un changement social aussi drastique que celui effectué à partir de l’élection du gouvernement Lesage. C’est toute une génération qui sera marquée par le climat de suspicion et de tension causé par la Loi des mesures de guerre. Près de 50 ans après la crise d’Octobre et la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, le gouvernement canadien reste muet face aux demandes d’excuses à son endroit.